Question concernant la notation de $\equiv$ et $\iff$
Quelle diffĂ©rence fait la notation de ces deux termes? $$ đ=đ:âșâđ„:(đ„âđ\iffđ„âđ) $$ $$ đ=đ:âșâđ„:(đ„âđ\equivđ„âđ) $$
Réponses
La formule peut ĂȘtre lue comme
$X=Y \equiv_{Def}\forall(x) ( x\in X \leftarrow\rightarrow x\in Y)$
(En mots: dire que X = Y est logiquement Ă©quivalent (par dĂ©finition) Ă dire que X et Y ont exactement les mĂȘmes Ă©lĂ©ments).
avec
- $\equiv_{Def}$ dénotant l'équivalence logique (plus précisément, l'équivalence par définition)
et
- $\leftarrow\rightarrow$ désignant l'équivalence matérielle ou la bi-implication matérielle, qui est un opérateur fonctionnel de vérité.
La premiÚre relation est une relation métalogique; le second appartient au langage objet.
La relation entre l'équivalence logique et l'équivalence matérielle est la suivante: formules $\phi$ et $\psi$ sont logiquement équivalents lorsque les conditions matérielles $ (\phi\leftarrow\rightarrow\psi)$ est vrai dans tous les cas logiquement possibles.
- L' iff qui se trouve au milieu est une Ă©quivalence logique, plus prĂ©cisĂ©ment une Ă©quivalence par dĂ©finition. l'Ă©quivalence par dĂ©finition fonctionne de la mĂȘme maniĂšre que l'Ă©quivalence logique ordinaire (c'est-Ă -dire que deux propositions sont Ă©quivalentes juste au cas oĂč il leur serait impossible de ne pas avoir des valeurs de vĂ©ritĂ© diffĂ©rentes, quel que soit le cas possible).
Remarque: l'équivalence est intéressante car elle permet de substituer la LHS à la RHS (et vice versa).
L' iff qui se trouve sur le cĂŽtĂ© gauche n'est pas une Ă©quivalence logique, mais une bi-implication matĂ©rielle. Deux propositions sont matĂ©riellement Ă©quivalentes juste au cas oĂč il arriverait effectivement qu'elles aient la mĂȘme valeur de vĂ©ritĂ©, ou si vous prĂ©fĂ©rez, juste au cas oĂč il arriverait effectivement que nous n'ayons pas le premier vrai et le second faux, et rĂ©ciproquement).
Considérez cette application du principe d'extensionnalité.
Soit H l'ensemble des animaux qui ont un cĆur et K l'ensemble des animaux qui ont des reins.
Le matériel conditionnel $\forall(x) ( x\in H \leftarrow\rightarrow x\in K)$ est vrai.
Par la définition de l'égalité des ensembles, la formule juste au-dessus équivaut logiquement à dire que les deux ensembles sont égaux, c'est-à -dire que c'est une impossibilité logique (une fois la définition énoncée) que le conditionnel $H=K$ pas, et vice versa.
Mais cela ne veut pas dire qu'avoir un cĆur Ă©quivaut logiquement Ă avoir des reins. Il arrive simplement que, en fait, les deux ensembles aient exactement les mĂȘmes Ă©lĂ©ments, mais un monde dans lequel un animal a un cĆur sans avoir de reins (ou l'inverse) est toujours logiquement possible.
Pour le dire briĂšvement: l'identitĂ© d'ensemble est logiquement Ă©quivalente Ă la co-extensionalitĂ©; mais, par elle-mĂȘme, la coextensionnalitĂ© tient mĂȘme lorsqu'elle n'est que factuelle ou contingente. D'oĂč le matĂ©riel conditionnel au LHS.
Une façon de le lire est une formule sigle, c'est-à -dire: deux ensembles sont égaux si "condition".
Dans ce cas, c'est une incohĂ©rence d'utiliser deux symboles diffĂ©rents pour le mĂȘme concept: le bi-conditionnel.
Une autre lecture est de la considérer comme une "abréviation", c'est-à -dire: on écrit $X=Y$ exactement quand la "condition" tient.
Dans ce cas, il n'y a aucun avantage à traduire le "sf" le plus à gauche par un symbole. L'abréviation n'est pas une formule du langage objet mais un énoncé dans le méta-langage, et il n'est pas nécessaire de le «formaliser».