Question concernant la notation de $\equiv$ et $\iff$

Nov 15 2020

Quelle diffĂ©rence fait la notation de ces deux termes? $$ 𝑋=𝑌:âŸșâˆ€đ‘„:(đ‘„âˆˆđ‘‹\iffđ‘„âˆˆđ‘Œ) $$ $$ 𝑋=𝑌:âŸșâˆ€đ‘„:(đ‘„âˆˆđ‘‹\equivđ‘„âˆˆđ‘Œ) $$

Réponses

2 FloridusFloridi Nov 16 2020 at 02:08

La formule peut ĂȘtre lue comme

$X=Y \equiv_{Def}\forall(x) ( x\in X \leftarrow\rightarrow x\in Y)$

(En mots: dire que X = Y est logiquement Ă©quivalent (par dĂ©finition) Ă  dire que X et Y ont exactement les mĂȘmes Ă©lĂ©ments).

avec

  • $\equiv_{Def}$ dĂ©notant l'Ă©quivalence logique (plus prĂ©cisĂ©ment, l'Ă©quivalence par dĂ©finition)

et

  • $\leftarrow\rightarrow$ dĂ©signant l'Ă©quivalence matĂ©rielle ou la bi-implication matĂ©rielle, qui est un opĂ©rateur fonctionnel de vĂ©ritĂ©.

La premiÚre relation est une relation métalogique; le second appartient au langage objet.

La relation entre l'équivalence logique et l'équivalence matérielle est la suivante: formules $\phi$ et $\psi$ sont logiquement équivalents lorsque les conditions matérielles $ (\phi\leftarrow\rightarrow\psi)$ est vrai dans tous les cas logiquement possibles.


  • L' iff qui se trouve au milieu est une Ă©quivalence logique, plus prĂ©cisĂ©ment une Ă©quivalence par dĂ©finition. l'Ă©quivalence par dĂ©finition fonctionne de la mĂȘme maniĂšre que l'Ă©quivalence logique ordinaire (c'est-Ă -dire que deux propositions sont Ă©quivalentes juste au cas oĂč il leur serait impossible de ne pas avoir des valeurs de vĂ©ritĂ© diffĂ©rentes, quel que soit le cas possible).

Remarque: l'équivalence est intéressante car elle permet de substituer la LHS à la RHS (et vice versa).

  • L' iff qui se trouve sur le cĂŽtĂ© gauche n'est pas une Ă©quivalence logique, mais une bi-implication matĂ©rielle. Deux propositions sont matĂ©riellement Ă©quivalentes juste au cas oĂč il arriverait effectivement qu'elles aient la mĂȘme valeur de vĂ©ritĂ©, ou si vous prĂ©fĂ©rez, juste au cas oĂč il arriverait effectivement que nous n'ayons pas le premier vrai et le second faux, et rĂ©ciproquement).

  • ConsidĂ©rez cette application du principe d'extensionnalitĂ©.

Soit H l'ensemble des animaux qui ont un cƓur et K l'ensemble des animaux qui ont des reins.

Le matériel conditionnel $\forall(x) ( x\in H \leftarrow\rightarrow x\in K)$ est vrai.

Par la définition de l'égalité des ensembles, la formule juste au-dessus équivaut logiquement à dire que les deux ensembles sont égaux, c'est-à-dire que c'est une impossibilité logique (une fois la définition énoncée) que le conditionnel $H=K$ pas, et vice versa.

Mais cela ne veut pas dire qu'avoir un cƓur Ă©quivaut logiquement Ă  avoir des reins. Il arrive simplement que, en fait, les deux ensembles aient exactement les mĂȘmes Ă©lĂ©ments, mais un monde dans lequel un animal a un cƓur sans avoir de reins (ou l'inverse) est toujours logiquement possible.

Pour le dire briĂšvement: l'identitĂ© d'ensemble est logiquement Ă©quivalente Ă  la co-extensionalitĂ©; mais, par elle-mĂȘme, la coextensionnalitĂ© tient mĂȘme lorsqu'elle n'est que factuelle ou contingente. D'oĂč le matĂ©riel conditionnel au LHS.

1 MauroALLEGRANZA Nov 15 2020 at 23:17

Une façon de le lire est une formule sigle, c'est-à-dire: deux ensembles sont égaux si "condition".

Dans ce cas, c'est une incohĂ©rence d'utiliser deux symboles diffĂ©rents pour le mĂȘme concept: le bi-conditionnel.

Une autre lecture est de la considérer comme une "abréviation", c'est-à-dire: on écrit $X=Y$ exactement quand la "condition" tient.

Dans ce cas, il n'y a aucun avantage à traduire le "sf" le plus à gauche par un symbole. L'abréviation n'est pas une formule du langage objet mais un énoncé dans le méta-langage, et il n'est pas nécessaire de le «formaliser».